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Commutation (phares) au contrôle technique : défaillances, contre-visite et réparations

4.1.3 Éclairage et signalisation · 4 défaillances possibles

Ce point de contrôle en bref

Au-delà de l'état des phares, le contrôleur vérifie leur commutation : la commande au volant allume-t-elle les bons feux, au bon moment, sans en allumer trop à la fois ? Un commutateur qui ne respecte pas le nombre de feux autorisés simultanément reste mineur, sauf si l'intensité lumineuse maximale à l'avant est dépassée, auquel cas la défaillance devient majeure. Un dispositif de commande au fonctionnement perturbé, ou un défaut de commutation signalé par l'électronique du véhicule, est également majeur. En clair : vos phares doivent obéir à la commande, de façon fiable et conforme.

Gravités possibles 1 mineure signalée au procès-verbal, sans contre-visite 3 majeures contre-visite sous 2 mois
Peut-on rouler ? Avec prudence Avec un simple défaut de commutation mineur, vous circulez normalement. Avec une commande perturbée ou une intensité excessive à l'avant (majeur), la circulation reste autorisée pendant les deux mois de contre-visite, mais une commande qui répond mal peut vous laisser sans croisements en pleine nuit ou éblouir les autres : faites diagnostiquer rapidement.

Les signes qui doivent vous alerter avant le contrôle

  • Feux qui s'éteignent ou clignotent en manipulant le comodo

    Si l'éclairage vacille au passage d'une position à l'autre, les contacts internes du commutateur sont usés. La panne complète survient généralement de nuit, au pire moment.

  • Feux de route impossibles à enclencher ou à couper

    Une position qui ne répond qu'une fois sur deux, ou des feux de route qui restent collés, caractérisent un fonctionnement perturbé : c'est exactement le constat qui déclenche la défaillance majeure.

  • Combinaisons de feux anormales

    Antibrouillards qui restent allumés avec les feux de route, feux additionnels qui s'allument avec les croisements sans commande dédiée : ces couplages interdits signalent un câblage non conforme.

  • Éclairage qui répond mal par temps humide

    Des pannes qui n'apparaissent que sous la pluie ou au petit matin orientent vers un connecteur oxydé. Le défaut intermittent est le plus difficile à diagnostiquer, n'attendez pas qu'il devienne permanent.

  • Message d'erreur éclairage au tableau de bord

    Sur les véhicules récents, tout défaut du module de commutation s'affiche et se mémorise : même disparu à l'écran, il sera relu à la prise diagnostic par le contrôleur.

Comment ce point est contrôlé

Le contrôleur manipule la commande d'éclairage depuis le poste de conduite : passage feux de position, croisements, feux de route, retour aux croisements, appels de phares. Il observe la réponse des projecteurs à chaque manipulation : les bons feux doivent s'allumer et s'éteindre instantanément, sans hésitation, sans rester bloqués et sans combinaison interdite. Il vérifie notamment le nombre de feux allumés en même temps : la réglementation limite les sources simultanées à l'avant et l'intensité totale émise, pour éviter l'effet mur de lumière.

Il évalue ensuite la fiabilité du dispositif de commande lui-même : un comodo qui accroche, des feux qui s'allument seuls ou refusent de s'éteindre, un relais qui claque sans résultat caractérisent un fonctionnement perturbé, classé majeur. Enfin, sur les véhicules récents, l'interrogation de l'interface électronique via la prise diagnostic complète l'examen : tout défaut de commutation mémorisé par le calculateur d'éclairage est relevé, même s'il ne s'est pas manifesté pendant la visite.

Les 4 défaillances possibles, expliquées une par une

4.1.3.a.1 Mineure

Le commutateur ne fonctionne pas conformément aux exigences (nombre de feux allumés en même temps)

La commutation autorise une combinaison de feux non prévue, par exemple des antibrouillards qui restent allumés avec les feux de route, sans pour autant dépasser l'intensité maximale réglementaire à l'avant. La gêne reste limitée, la défaillance est mineure : mention au procès-verbal, pas de contre-visite. Souvent un câblage d'accessoire ou un relais à revoir.

4.1.3.a.2 Majeure

Le commutateur ne fonctionne pas conformément aux exigences (nombre de feux allumés en même temps) : dépassement de l’intensité lumineuse maximale autorisée à l’avant

Le seuil bascule quand la combinaison de feux simultanés dépasse l'intensité lumineuse maximale autorisée à l'avant : trop de sources allumées en même temps, typiquement après le montage de feux additionnels mal câblés cumulés aux feux de route. Le véhicule devient un projecteur éblouissant pour les autres usagers. Défaillance majeure, contre-visite sous deux mois après remise en conformité du câblage.

4.1.3.b.2 Majeure

Fonctionnement du dispositif de commande perturbé

La commande d'éclairage ne répond plus de façon fiable : comodo qui accroche, croisements qui s'éteignent seuls, feux de route impossibles à enclencher ou qui restent bloqués. Le conducteur n'a plus la maîtrise certaine de son éclairage, ce qui peut le laisser dans le noir en pleine circulation nocturne. Défaillance majeure : contre-visite sous deux mois, avec remplacement du comodo, du relais ou de la connectique en cause.

4.1.3.c.2 Majeure

Le système signale une défaillance via l’interface électronique du véhicule

Lors de l'interrogation de la prise diagnostic, le calculateur d'éclairage remonte un défaut affectant la commutation : module de gestion des feux en erreur, commande numérique défaillante, fonction d'allumage automatique en panne. Même si tout a semblé fonctionner pendant l'essai, le système n'est plus jugé fiable. Défaillance majeure, contre-visite sous deux mois après diagnostic, réparation et effacement du défaut.

Les causes les plus fréquentes

  1. Comodo d'éclairage usé très fréquent

    Les contacts internes du commutateur au volant s'usent après des dizaines de milliers de manipulations : positions qui accrochent, feux qui clignotent au passage croisement-route, fonction qui ne répond qu'en forçant.

  2. Connecteur ou faisceau oxydé fréquent

    L'oxydation d'un connecteur sous le volant ou près des projecteurs crée des faux contacts : l'éclairage répond par intermittence, surtout par temps humide. Le défaut est sournois car difficile à reproduire à la demande.

  3. Montage d'accessoires lumineux mal câblés fréquent

    Feux additionnels, barres LED ou antibrouillards branchés en direct sans respecter les asservissements d'origine créent des combinaisons interdites et peuvent dépasser l'intensité maximale autorisée à l'avant.

  4. Relais d'éclairage défaillant occasionnel

    Un relais fatigué claque sans enclencher le circuit ou colle en position fermée : un groupe de feux refuse de s'allumer ou de s'éteindre. La pièce coûte peu, encore faut-il l'identifier.

  5. Module ou calculateur d'éclairage en défaut occasionnel

    Sur les véhicules récents, la commutation passe par un boîtier électronique : un défaut interne ou logiciel y reste mémorisé et sera lu à la prise diagnostic, même si la panne est intermittente.

  6. Capteur de luminosité de l'allumage automatique défaillant rare

    Quand l'allumage automatique des feux déraille, les croisements s'activent ou se coupent à contretemps. Le calculateur consigne le défaut du capteur, relevé ensuite au contrôle.

Vérifier soi-même avant le contrôle technique

  1. 1
    Dérouler toutes les positions de la commande

    Moteur tournant, passez méthodiquement : tout éteint, feux de position, croisements, feux de route, appel de phares, retour. Chaque position doit répondre du premier coup, avec le témoin correspondant au tableau de bord.

  2. 2
    Vérifier les combinaisons interdites

    Allumez les feux de route et vérifiez que les antibrouillards avant se coupent ; contrôlez qu'aucun feu additionnel ne reste allumé en combinaison non prévue. Devant un mur, comptez les sources allumées simultanément.

  3. 3
    Secouer doucement le comodo en position croisements

    Feux allumés, manipulez légèrement le levier sans changer de position : le moindre scintillement trahit des contacts internes usés, qui finiront par lâcher. Prévoyez le remplacement avant le contrôle.

  4. 4
    Tester l'allumage automatique s'il existe

    Passez sous un parking couvert ou masquez le capteur de luminosité : les croisements doivent s'allumer en quelques secondes et s'éteindre au retour à la lumière. Un comportement erratique signale un capteur ou un module en défaut.

  5. 5
    Contrôler l'absence de défaut mémorisé

    Si un voyant d'éclairage s'est déjà affiché, faites lire la mémoire de défauts avec une valise de diagnostic, chez un garagiste ou avec un lecteur OBD grand public : un code actif sur le système d'éclairage sera relevé au contrôle même sans symptôme apparent.

Réparation : interventions et prix constatés

InterventionPrix indicatif
Remplacement du comodo d'éclairage80 à 250 €
Remplacement d'un relais d'éclairage15 à 60 €
Recherche de panne électrique (main-d'œuvre)50 à 120 €
Remise en conformité d'un câblage d'accessoires60 à 200 €
Remplacement du module de gestion d'éclairage200 à 600 €
Diagnostic électronique et effacement de défaut40 à 90 €

Fourchettes indicatives pièces et main-d'œuvre en France, variables selon le véhicule et la région. Demandez toujours un devis avant intervention.

L'entretien qui évite ce défaut

Testez l'ensemble des combinaisons d'éclairage une fois par mois : position, croisements, feux de route, appels de phares, en vérifiant que chaque commande répond instantanément et que les témoins correspondants s'allument au tableau de bord. Si vous installez des feux additionnels, exigez un montage respectant les asservissements d'origine, avec relais et fusible dédiés : un branchement sauvage est la voie royale vers la défaillance majeure. Ne laissez jamais traîner un comportement intermittent — feux qui clignotent au passage d'une position — : c'est le symptôme précoce d'un comodo en fin de vie, moins cher à remplacer avant la panne complète.

Recalé sur ce point : réussir la contre-visite

Une commutation sanctionnée en majeur vous laisse deux mois pour réparer et représenter le véhicule. Identifiez d'abord la cause exacte : comodo usé, relais, connecteur oxydé, câblage d'accessoire non conforme ou module électronique en défaut. Sur un défaut intermittent, exigez du garagiste un essai prolongé après réparation : une commande qui retombe en panne devant le contrôleur ferait échouer la contre-visite, même avec une facture de comodo neuf en poche.

Si le code relevé est le dépassement d'intensité à l'avant (4.1.3.a.2), la remise en conformité passe par le câblage : rétablir les asservissements d'origine, couper les feux additionnels avec les feux de route, voire déposer l'installation sauvage. Si c'est le défaut signalé par l'interface électronique (4.1.3.c.2), la réparation doit s'accompagner de l'effacement du code défaut et d'une vérification qu'il ne revient pas après roulage : un défaut encore actif en mémoire serait relu en contre-visite.

La contre-visite coûte environ 15 à 30 € selon les centres et ne porte que sur les points recalés : le contrôleur remanipulera la commande dans toutes ses positions et réinterrogera l'électronique si nécessaire. Avant de retourner au centre, refaites vous-même le tour complet des combinaisons, à froid et à chaud : les pannes de connectique aiment se réveiller avec la température.

Questions fréquentes

Un comodo capricieux entraîne-t-il une contre-visite ?

Oui si le fonctionnement de la commande est jugé perturbé (code 4.1.3.b.2) : feux qui ne répondent pas, qui restent bloqués ou s'éteignent seuls, c'est une défaillance majeure avec contre-visite sous deux mois. Un simple écart sur le nombre de feux allumés simultanément, sans dépassement d'intensité, reste mineur.

Mes antibrouillards restent allumés avec les feux de route, que risque mon contrôle ?

C'est une commutation non conforme. Si l'intensité totale à l'avant reste dans la limite autorisée, la défaillance est mineure (4.1.3.a.1) ; si la combinaison dépasse l'intensité maximale, elle devient majeure (4.1.3.a.2) et impose une contre-visite. Dans les deux cas, faites corriger l'asservissement : les antibrouillards doivent se couper avec les feux de route.

Combien coûte la réparation d'un problème de commutation ?

De 15 € pour un relais à environ 250 € pour un comodo complet, pose comprise ; comptez 50 à 120 € de recherche de panne si le défaut est intermittent, et davantage si un module électronique est en cause. La contre-visite, elle, est facturée environ 15 à 30 € selon les centres.

L'allumage automatique des feux est-il obligatoire pour passer le contrôle ?

Non, l'allumage automatique n'est pas exigé en tant que tel. En revanche, si votre véhicule en est équipé et que le système est en défaut, le calculateur le mémorise et le contrôleur le relèvera via l'interface électronique : c'est l'état de fonctionnement de l'équipement présent qui est jugé, pas sa présence.

Une barre LED tout-terrain à l'avant fait-elle échouer le contrôle ?

Elle le peut à double titre : si elle s'allume en combinaison avec les autres feux au-delà de l'intensité maximale autorisée, c'est la commutation qui est sanctionnée en majeur ; et son homologation, sa position et son câblage relèvent de la conformité des phares. Sur route, la solution sûre est un interrupteur séparé homologué avec asservissement correct, ou la dépose avant le contrôle.

Le contrôleur peut-il sanctionner une panne qui ne se produit pas devant lui ?

Oui, sur les véhicules dont l'éclairage est géré électroniquement : l'interrogation de la prise diagnostic révèle les défauts mémorisés par le calculateur, y compris intermittents. C'est l'objet du code 4.1.3.c.2. D'où l'intérêt de faire lire et traiter la mémoire de défauts avant de se présenter au centre.

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